Le Grand Retour : Observer les Grues cendrées en Wallonie

15 mars 2024 Lucy

Chaque année, à la fin de l'hiver, un spectacle saisissant se déroule dans le ciel de Belgique. Les Grues cendrées (Grus grus) entament leur migration prénuptiale, quittant leurs quartiers d'hiver en Espagne et dans le sud de la France pour rejoindre les sites de nidification en Europe du Nord. La Wallonie, et plus particulièrement les Hautes Fagnes et l'étang de Virelles, constitue une étape cruciale pour ces voyageurs au long cours.

Groupe de Grues cendrées en vol
Une formation en V caractéristique des Grues cendrées en migration. 📸 Pexels

Où et quand les observer ?

La fenêtre d'observation optimale s'étend de fin février à mi-mars. Les oiseaux voyagent de jour, souvent en formant ces fameux « V » dans le ciel que l'on peut apercevoir de très loin. Leur cri trompettant, portant à plusieurs kilomètres, est souvent le premier indice de leur passage.

  • L'étang de Virelles (Chimay) : Un site de halte majeur où les grues se posent pour se reposer et se nourrir dans les champs environnants.
  • La Fagne et les zones humides des Hautes Fagnes : Les vols traversent régulièrement cette région. Se poster au point de vue de la Baraque Michel peut être payant par une belle journée ventée.
  • Les plaines agricoles du Hainaut : Les grands champs labourés sont des cantines appréciées pour leur recherche de vers et de restes de maïs.

Conseils pour une observation réussie

L'observation des grues demande un peu de patience et de préparation. Voici mes conseils d'ornithologue amateur :

  1. Équipez-vous de bonnes jumelles : Un grossissement 8x42 ou 10x42 est idéal pour ce type d'observation à moyenne et longue distance. La luminosité est cruciale par temps souvent gris de début de printemps.
  2. Consultez les cartes de migration en direct : Des sites comme Observations.be permettent de suivre les observations en temps quasi réel et d'anticiper les passages.
  3. Soyez discret : Si vous repérez un groupe au sol, approchez-vous avec une extrême prudence, en utilisant le relief ou les haies comme couvert. Un dérangement peut les faire repartir prématurément et gaspiller leurs précieuses réserves énergétiques.
  4. Notez vos observations : Participez à la science citoyenne en renseignant vos données sur les plateformes dédiées. Cela aide à mieux comprendre et protéger les corridors migratoires.

Assister au passage des grues est un moment d'une grande émotion, un rappel puissant des cycles immuables de la nature et de l'incroyable endurance de ces oiseaux. C'est un privilège que nous, observateurs, devons respecter en minimisant notre impact. Bonnes observations ! 🦢

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